Jean-Yves AUTEXIER
Secrétaire national au projet
VERS UN PROJET REPUBLICAIN EXIGEANT
Dans le tourbillon de la mondialisation libérale, la France est mise à mal. Les principes selon lesquels elle est constituée sont soumis à rude épreuve:
sa liberté d'agir est corsetée dans l'empire des marchés; l'Europe qui devait nous protéger des dérives erratiques du capitalisme dérégulé détruit au contraire nos protections et nous immerge dans un marché mondial sur lequel nous n'avons pas prise.
sa souveraineté est réduite au rite de l'élection. Mais le peuple qui vote n'est plus souverain. Un à un, les éléments clés de nos décisions ont été mis hors de portée du suffrage populaire: la politique monétaire se décide à la Banque centrale européenne « indépendante » à Francfort; 80% de nos règles économiques se fixent à Bruxelles, selon une procédure complexe qui fait des Parlements nationaux des observateurs muets puis des chambres d'enregistrement; l'O.M.C. détruit les règles du commerce mondial; les États-Unis fixent les règles du jeu diplomatique.
sa conception de la citoyenneté est confrontée à de nouveaux défis. Le citoyen, progressivement dépourvu de sa souveraineté politique, devient consommateur de droits avant de se dégrader en simple consommateur de biens. Les exigences de l'égalité, de la laïcité, s'évanouissent devant l'affirmation de communautés juxtaposées aujourd'hui, rivales ou hostiles, demain.
la conscience de son destin s'obscurcit; faute de pouvoir lui assigner un cap, les élites dirigeantes de notre pays invitent à célébrer la disparition de la nation, un jour vouée à la provincialisation dans une Europe fédérale, un autre jour priée de s'excuser de son histoire et de quitter la scène.
La tempête qui déferle sur la France républicaine est puissante. Si puissante que beaucoup de ceux qui avaient fait profession de « changer la vie » énoncent aujourd'hui que « le capitalisme a définitivement gagné la partie » (Michel Rocard). D'autres, avec moins de franchise, affichent un programme de lutte contre le libéralisme, mais mènent une politique d'accompagnement docile lorsqu'ils exercent le pouvoir. Les libéraux, enfin, attendent de la mondialisation et de l'Europe qu'elles réussissent là où ils n'ont pu aboutir, qu'elles puissent mater les velléités d'égalité et de souveraineté du peuple français, ou, pour reprendre leurs propres termes, qu'elles puissent réformer la société française de l'extérieur, puisque, de l'intérieur, ils n'y parviennent pas!
À notre peuple désorienté, nous devons la vérité.
La mondialisation libérale est portée par l'évolution du capitalisme financier; sa puissance est immense, mais elle n'est pas le fait d'une fatalité extérieure ni d'un mouvement inéluctable ou irrésistible. Elle comporte des faiblesses, des failles, des contradictions. Si le mouvement républicain en France n'a pas la force, à lui seul, d'arrêter le déploiement de la vague, il doit agir sur les leviers capables d'opposer des obstacles à la mondialisation financière. Les principaux sont les nations et les mouvements ouvriers. Le mouvement républicain en France peut être l'âme d'une résistance à ce déferlement destructeur des cultures humaines et des solidarités sociales. Face à l'hégémonie des lois du marché, les Républicains doivent former le parti du politique.
C'est à cela que nous ont invité les Français, aussi bien le 21 avril 2002 que le 29 mai 2005.
Beaucoup de citoyens se sont désintéressés du débat présidentiel de 2002, à partir du moment où le choix qui leur est apparu inévitable, entre Jacques Chirac et Lionel Jospin, ne répondait pas à leurs attentes et se confondait dans un mol alignement sur le libéralisme ambiant.
Mais les électeurs sont revenus aux urnes le 29 mai 2005, dès lors qu'ils pouvaient faire entendre leur volonté: rejeter un carcan libéral dont en réalité ils ne veulent pas, fut-il dissimulé sous le mot d'Europe.
DU "NON" AU PROJET
Notre devoir est de donner un contenu à cette aspiration, de permettre à notre pays de passer du Non au projet.
Le contenu d'un projet républicain, anti-libéral, exigeant, est au cœur de notre travail politique depuis plusieurs années. Nous avons en son temps rappelé à la gauche de gouvernement qu'entre le gauchisme et le libéralisme, il y avait la République! Nous avons combattu les abandons de souveraineté, ou les transferts de compétence sans contrôle démocratique; nous avons dénoncé les démantèlements de l'État républicain, les lâchetés devant l'ethnicisme et le chantage à la violence, le communautarisme. Nous avons aussi proposé de refonder l'École, d'articuler les moyens publics et privés pour renouer avec une politique industrielle, une politique de la recherche, pour orienter l’Etat vers ses fonctions d'anticipateur et de stratège, pour repenser l'architecture de l'Europe et de la zone euro afin de retrouver la croissance et l'emploi. Nous avons rappelé les moyens nécessaires de faire entendre la voix de la France dans le monde.
Cet investissement intellectuel, ancré dans la confiance dans la République, dans la confiance en le citoyen, doit à présent déboucher dans la définition d'un projet capable de répondre aux attentes du pays, de sortir du désarroi qui s'est emparé des Français. Il y a une alternative au renoncement. Il y a toujours une alternative au renoncement. Elle peut prendre aujourd'hui la forme d'un projet républicain exigeant rassembleur d'une majorité large de notre peuple.
LES LECONS DU REFERENDUM
Que nous ont dit les citoyens le 29 mai dernier? D'abord, lorsqu'un enjeu est clair, un choix présenté, les électeurs se rendent aux urnes. 70% des inscrits ont voté; c'est une participation puissante. Ainsi, 66% des abstentionnistes de la présidentielle 2002 sont allés cette fois voter Non. Très concrètement, on a vu dans les bureaux de vote des quartiers populaires, revenir des électeurs qu'on n'avait pas vu depuis longtemps.
Ensuite, le vote Non est un vote jeune, actif, populaire. C'est un vote jeune, car les électeurs de 18 à 29 ans ont voté Non à 62%. D'ailleurs, de 18 à 55 ans, une majorité vote Non; le Oui ne regagne la majorité qu'après 55 ans. C'est un vote d'actifs. De 71 à 78% des ouvriers ont voté Non, de même que 66% des employés. Deux catégories d'actifs seulement dont exception: les cadres et les professions libérales. C'est enfin un vote populaire. Jusqu'à 3000 euros nets mensuels par foyer, on vote Non. Le Oui repasse en tête au-delà de 3000 euros par mois. Quand on a Bac + 2, on vote Oui à 67% ; quand on a un CAP ou un BEP, on vote Non à 63%. De 61 à 64% des électeurs de gauche ont voté Non; mais aussi 21% des électeurs de droite[1]
Cette coalition de forces jeunes, actives et populaires, s'est réalisée malgré un déluge médiatique, stigmatisant le vote Non, malgré les deux grands partis politiques qui accaparent les sièges au Parlement, l'argent public, le temps de parole et se succèdent alternativement au pouvoir. Les électeurs se sont prononcés délibérément et en conscience, contre les leçons administrées chaque matin par les éditorialistes, les plumes bien-pensantes, les chefs de gouvernement voisins, les économistes, dirigeants d'entreprises, les "socialistes" comme les libéraux européens, malgré le Président, malgré le gouvernement, malgré le Parlement qui avait déjà, lui modifié la Constitution! La hauteur des obstacles surmontés dit assez la force de l'élan du 29 mai.
Certes une majorité de Non à un referendum ne forme pas une majorité de gouvernement. Il faut à cet élan un projet, des hommes et des femmes pour le porter, une perspective politique.
Nous en sommes là. Notre investissement intellectuel au cours de la période, l'immense effort de cohésion, de créativité, de proposition et d'innovation accompli au cours de la campagne présidentielle de Jean-Pierre Chevènement, constitue un apport décisif. Pour aller du Non au projet, nous ne partons pas de rien! Le MRC doit porter plus loin ce travail, répondre aux nouveaux défis, tracer de nouveaux chemins.
LE RETOUR DU REEL
Beaucoup d'évènements récents ont donné sens à notre cheminement:
La guerre d'Irak a éclairé rétrospectivement la première guerre du Golfe et montré ce qu'il en était de « la guerre du droit » à laquelle la gauche de gouvernement comme la droite avaient emboîté le chemin. La France a pris cette fois la bonne voie, et chaque jour confirme le bien-fondé de ce choix.
L'évolution de la situation en Corse a montré ce que les citoyens pensaient des compromis passés avec une minorité violente; les résultats des referendums Outre Mer ont montré aussi que les citoyens n'entendaient pas prendre congé de la République, comme les y invitaient pourtant la droite et la gauche.
Le modèle républicain décrié par les libéraux de droite comme de gauche se porte moins mal que le modèle communautariste britannique; la laïcité a été redécouverte comme meilleur garant du vivre-ensemble et de la citoyenneté.
Le diagnostic posé, dès 1992, sur l'euro, sa gestion par une BCE hors de tout contrôle démocratique, au seul service des marchés et de la rente, s'est confirmé. Ce qui nous valait hier des huées est aujourd'hui devenu un constat partagé: la zone euro est la zone du monde vouée à
Un nombre croissant de Français a pris conscience de ce que l'Union européenne, au lieu de nous protéger des excès de la mondialisation, nous y enfonçait au nom de la concurrence.
D'autres éléments touchant aux remèdes à opposer à nos maux sont venus à
Les Français ont à présent, dans leur majorité, saisi le lien entre la politique libérale de Bruxelles et la liquidation des services publics comme des entreprises nationales.
Des notions clés comme la nation, la République, la souveraineté populaire, la citoyenneté, la laïcité sont redécouvertes par beaucoup de ceux qui hier les vouaient aux gémonies, et envoyaient La Marseillaise et Le Pen dos à dos.
La "décentralisation" idéologique, hier panacée, est vue aujourd'hui comme une volonté d'affaiblissement de État et un risque pour l'égalité.
Bref, à gauche, beaucoup de socio-libéraux reviennent au bercail des idées républicaines. Et à droite, la crise fait rage entre les libéraux, obnubilés par le « modèle » américain, qui sont allés à Washington s'excuser de la politique française, et ceux qui redécouvrent les nécessités du « patriotisme économique » et se réfèrent au volontarisme et au rôle de État
C'est dans ce contexte nouveau que le MRC doit élaborer un projet républicain et exigeant. Dans l'univers politique déconsidéré que nous connaissons, plus que jamais le seul repère sûr, c'est le projet qu'on veut servir. A quoi rimerait de se définir par rapport à des réalités mouvantes ou à des définitions qui ne veulent plus rien dire. C'est la gauche britannique qui est le meilleur soutien de George Bush et c'est la droite française qui s' y est opposé ... C'est une gauche à la bonne conscience inaltérable qui nous proposait de verrouiller le carcan libéral de la constitution européenne ... C'est la gauche officielle allemande qui a pour programme social celui du Medef français ... Entre ceux qui programment les piscines publiques selon les religions, et ceux qui proscrivent les signes religieux à École, cherchez la droite, cherchez la gauche! Maastricht, "constitution" européenne, Corse, statut de l'Outre-Mer, privatisations, cherchez la droite, cherchez la gauche!
Il y a un meilleur critère que ceux que démentent la réalité, c'est le projet. Nous revendiquons d'être jugés à l'aune de notre projet.
RESISTER AU LIBERALISME
Ce projet est dirigé par un choix moteur : la résistance au libéralisme, et non l'alignement docile sur ses exigences. Mais, pour y résister, encore faut-il comprendre ce qu'est la mondialisation libérale. Encore faut-il connaître l'adversaire auquel on entend résister.
Le capitalisme industriel a laissé place au capitalisme financier. La valeur n'est plus constituée par la production de biens et de services mais par l'estimation, par les marchés financiers, de la valeur pour l'actionnaire. Cette désincarnation, ce détachement de la base réelle, permet au capitalisme financier une extrême mobilité et une extrême rapidité. Les capitaux se déplacent dans l'instant, à la vitesse des communications électroniques. L'ouverture des marchés de tous les pays de la planète est donc une impérieuse nécessité. Le taux de rentabilité financière à court terme est la seule boussole. Aux capitaines d'industrie ont succédé les fonds de pension. Leur exigence de rentabilité des capitaux investis es t tout à fait déraisonnable pour les industries d'Europe; elle ne peut se satisfaire que sur des marchés émergents avec des coûts salariaux très bas. Les firmes multinationales qui représentent en valeur les deux tiers du commerce mondial sont les agents et les accélérateurs du processus. L'ouverture de tous les marchés au commerce mondial est devenu un objectif central; c'est la mission assignée à l'OMC, qui délibère et agit sous le feu constant des lobbyistes des firmes multinationales.
Le rôle central des États-Unis est assuré par le dollar et par les privilèges exorbitants que lui confère la confiance accordée au dollar. La monnaie américaine reste la monnaie des échanges mondiaux (l'euro représente 16% des réserves, c'est à dire sensiblement la même chose que représentait auparavant le deutsche mark soit 14%) La valeur du dollar n'est guère liée par le déficit budgétaire américain, ni par le déficit considérable de la balance commerciale américaine. C'est la confiance dans la solidité de la tête de l'Empire qui l'explique. Ainsi le Japon, la Chine et l'Inde, en achetant massivement des Bons du Trésor U.S., financent-ils le déficit des paiements et assurent le bon fonctionnement du système, dont l'effondrement serait pour eux aussi terriblement coûteux. Ainsi l'Europe dirige-t-elle son épargne vers l'Amérique et accepte-t-elle, sans mot dire, une dévaluation du dollar de 50% en cinq ans qui ouvre toutes grandes les portes des marchés de la zone euro aux produits de la zone dollar. Ainsi les États-Unis s'efforcent-ils aussi d'obtenir une réévaluation du yuan chinois pour améliorer leur balance commerciale.
A la monnaie, il convient d'ajouter un élément majeur de contrôle de l'économie mondiale, l'énergie. Maîtriser la production et le prix du pétrole aujourd'hui, du gaz demain, représente un instrument formidable de régulation. Le Moyen Orient, l'Iran, la Russie, l'Algérie détiennent les principales réserves. Les Américains n'entendent pas laisser aux pays producteurs ou à des ententes entre pays producteurs, Europe, Chine et Japon, la maîtrise de ces données. La guerre du Golfe puis la guerre d'Irak ont cristallisé ces enjeux et administré une limpide leçon de choses: l'Amérique doit justifier la confiance que placent en elle les marchés financiers. Elle est de fait la seule puissance capable de projeter ses forces où que ce soit. Cette confiance en l'Amérique permet de maintenir le système en équilibre, c'est à dire en déséquilibre permanent. Il y a un lien organique entre les capacités politiques et militaires des États-Unis et le fonctionnement du système libéral mondialisé.
Résister à cette mondialisation financière et politique est nécessaire pour qui veut lutter contre les inégalités, l'injustice, le chômage de masse. Prétendre lutter contre les effets du système sans analyser puis combattre ses causes serait une imposture. Les Français le savent bien; la première cause qui les mobilisent vraiment, la première question qui nous posent est bien celle de
La mondialisation libérale a ses failles
A - D'abord, elle ne remplit pas ses objectifs: assurer le développement par la croissance généralisée des échanges. L'Amérique du Sud et l'Afrique, une grande partie de l'Asie sont tenues à l'écart. Lors des trente dernières années, la part des pays en voie de développement dans les échanges mondiaux a été divisée par cinq ! La misère, la faim sévissent. L'enfoncement dans le sous-développement est le lot de régions entières. Où en sont les espoirs de « la décennie du développement » ? La CNUCED et ses ambitions sont effacées par l'OMC, mais les plans d'ajustement du FMI plongent les populations dans le malheur, poussent l'Argentine au krach. Cette avalanche de misère fragilise le système.
B - La dictature du court terme est suicidaire. Exiger des taux de rentabilité financière de 20% dans des pays où la croissance n'atteint pas 2% est une démarche de prédateur, non d'entrepreneur. La création de valeur pour l'actionnaire aboutit à détruire l'outil de production de valeur réelle. Mais « l'entreprise sans usine » que vantait naguère le dirigeant d'Alcatel est une entreprise sans emplois et bientôt sans valeur créée. Cette myopie -qui est aussi celle des marchés- a besoin d'être corrigée. Le système lui-même a besoin de régulation. Les grands investissements nécessaires, en matière de transports, de fourniture d'énergie, mais aussi de formation sortent du cadre de rentabilité à court terme.
C - L'effacement des États que prône et met en pratique la mondialisation libérale, pour ôter tout obstacle au libre-marché mondial, crée du chaos, laisse libre cours aux affrontements ethniques, déstabilise les États ... et gêne l'expansion du commerce!
D - La résistance des peuples, des nations, des cultures, des États est réelle. Elle est aussi diverse. Et si nous proposons d'organiser une résistance républicaine à la mondialisation libérale, il va de soi que tout ce qui résiste à la mondialisation n'est pas nôtre! Celle-ci éveille en effet des réactions ethniques, archaïques, où finissent par se mêler refus de la domination américaine et refus de
E - En Europe, le paysage a changé fortement depuis dix ans. Certes, les pays d'Europe centrale et orientale, fraîchement libérés du joug soviétique, sont-ils vivement attirés vers le modèle libérai mondialisé, et spécialement vers les Etats-Unis. Mais en Europe de l'Ouest, le mirage a cessé d'exercer ses effets: on a découvert, lors de la guerre d'Irak, l'ampleur du fossé qui sépare les opinions publiques en Europe et en Amérique, même si les milieux au pouvoir à Londres, Madrid, Lisbonne ou Rome étaient alors restés fidèles à l'atlantisme. La victoire du Non au referendum est sans conteste un refus du modèle libéral par les Français; il est davantage aux Pays Bas un refus de disparaître dans un ensemble non démocratique. Mais ces deux votes confirment la fin d'une époque. Les charmes de la « mondialisation heureuse » sont évanouis. En Europe de l'ouest, on affronte la désindustrialisation, les délocalisations, la stagnation des salaires, la baisse du pouvoir d'achat, la mise en cause des protections sociales, le chômage de masse. Dès lors que les politiques européennes sont apparues non comme une protection contre la mondialisation, mais comme son chausse-pied, les peuples ont commencé de s'en détourner, par l'abstention d'abord, par le refus à présent.
F - Si l'on se projette dans les vingt ans qui viennent, que sera la crédibilité de la politique américaine et par conséquent du système mondialisé dont elle est le cœur? Que vaudront les régimes de circonstance mis en place dans les pays producteurs d'énergie, face à la montée en puissance de l'Inde et de la Chine? Où se trouveront les réserves inexploitées de main d'œuvre à bas coût permettant des taux de rendement du capital de 20% ? Les créanciers de l'Am&
