Grégory Baudouin avec le Mouvement Républicain et Citoyen 71 et Jean Pierre Chevènement.
Dimanche 28 juin, trois tours de Mâcon ont été démolies à l'explosif : l'une par foudroyage, les deux autres par
basculement. Deux techniques différentes choisies en fonction des contraintes de l'environnement proche.

Tout est prêt pour accueillir les 1 241 charges amorcées et les 232 kg d'explosif.
Le stress peut enfin retomber chez les équipes de CEBTP Démolition (filiale de Ginger), bureau d'études et maître
d'œuvre, Cardem Démolition et Melchiorre, les deux entreprises chargées de l'exécution des travaux. L'opération - toujours délicate - de la destruction à la dynamite de trois tours du quartier
Marbé de Mâcon a été un succès.
Cette opération, qui sera suivie par la démolition de trois autres bâtiments courant 2010, s'inscrit dans un important programme de renouvellement urbain de 92 millions d'euros engagés jusqu'en
2014 pour donner un nouveau souffle au quartier, qui souffre d'une trop grande densité.
Hautes de 50 mètres, les tours « Churchill » et « Charles de Gaulle » sont composées d'un rez-de-chaussée, de 16 étages et d'une toiture terrasse. La tour « Schuman », 33 m de haut, comprend un
rez-de-chaussée, 10 étages et une toiture terrasse. Leur structure porteuse est constituée de voiles et poteaux-poutres en béton armé.
En raison de la rénovation du quartier, de nombreux chantiers sont en cours, création de voieries, de réseaux divers, etc... « L'environnement très actif du quartier entraîne des contraintes
importantes, explique Laurent Monnier, Chef de Projet/Chef d'agence de CEBTP Démolition Lyon. La solution par implosion s'est donc imposée. Rapide, elle permet de limiter dans le temps les
nuisances de bruit et de poussière provoquées avec la technique plus longue de démolition mécanique. Elle permet aussi de ne jamais avoir à couper les voiries et de protéger les bâtiments voisins
».
Conditionné par l'environnement de chacune des tours et par des emprises de chantier réduites (laissant ainsi se poursuivre les chantiers en cours), deux techniques de démolition ont été
utilisées.
La tour « Churchill » bénéficie d'un périmètre proche très actif : à 15 m de l'une de ses faces se trouvent des
habitations, à 10 m d'une autre face une voie verte et un passage piéton, sur les deux autres côtés des artères principales. Il fallait donc trouver une solution avec une emprise très restreinte.
La solution mise en œuvre a été celle du « foudroyage à l'explosif ». Cette technique consiste à faire tomber la tour verticalement sur elle-même. Les explosifs ont été posés au rez-de-chaussée,
1er, 4ème, 8ème, 12ème et 15ème étage. L'emprise du chantier s'est limitée à 5 m autour de la tour et les gravats n'ont pas excédé cette distance.
Par contre, pour les tours « Charles de Gaulle » et « Schuman », la contrainte était différente puisque il était possible de les coucher sur une de leurs faces. La technique de démolition
utilisée, celle du « basculement à l'explosif », consiste à miner un coin de la tour à sa base, sur le principe de l'abattage d'un arbre. Les étages préparés partiellement pour obtenir le
basculement ont été le rez-de-chaussée, 1er, 2ème, 3ème et 4ème étage.
Pour cette opération, un important travail de préparation a été consenti. « Il a fallu dévoyer les réseaux trop
proches des tours, désamianter et faire de la déconstruction sélective en retirant des tours tous les matériaux autres que le béton pour les revaloriser, détaille Laurent Monnier. De même, on a
affaibli de 40 % les murs porteurs des étages minés par démolition à l'aide de mini-pelles, tout en vérifiant que les bâtiments restaient stables au vent ». Les travaux préparatoires consistaient
également à mettre en place un système de protection composé de géotextile et grillage pour éviter la projection de gravats. Dans les dernières heures qui ont précédé le tir, les explosifs ont
été mis en place dans les perforations, avec les détonateurs.
Dans les quelques heures avant le tir, les bâtiments et ouvrages sensibles et situés dans un rayon de 50 m autour des tours à démolir ont été protégés par un géotextile. Dans l'heure avant le
tir, les lignes de tir ont été déroulées jusqu'au poste de tir.
Au total, ce sont plus de 230 kg d'explosif utilisés et 1 231 charges, donc 1 231 explosions, qui ont été amorcées les unes derrière les autres toutes les 0,4 secondes. Les espaces entre deux
explosions sont été tellement réduits qu'une seule détonation a été entendue.
Les 22 000 tonnes de gravats seront ensuite concassés et réutilisés dans les futures voiries.
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